A C T U A L I T É S I N T E R N A T I O N A L E S
AFGANISTAN : LES TALIBANS RENDENT LE MARIAGE DES ENFANTS LÉGAL ET LEUR DIVORCE QUASIMENT IMPOSSIBLE
Dans un code de 31 articles promulgué le 14 mai 2026, le gouvernement taliban d’Afghanistan a rendu légal le mariage des enfants. S’il était déjà, de fait, largement pratiqué, le mariage forcé ne pourra désormais plus justifier le divorce. Un drame pour les femmes et les filles.
22 mai 2026 – GEO – Lola Breton.
Les droits des femmes et des enfants ont encore été amoindris. En Afghanistan, une nouvelle loi vient de légitimer le mariage des jeunes filles, rapporte The Guardian. S’il n’existait déjà pas d’interdiction légale d’épouser des enfants dans ce pays d’Asie centrale régi par les Talibans, ce nouveau document va encore plus loin. Il risque de rendre le divorce des femmes et des filles complètement impossibles. Elles ne pourront plus le demander sans l’accord de leur époux.
12 millions de filles mineures mariées chaque année dans le monde
Les Talibans, revenus au pouvoir en 2021 après le départ des troupes américaines, mènent une politique violente et destructrice envers les femmes et les enfants. Les filles n’ont désormais plus le droit d’aller à l’école après l’âge de 11 ans. Selon le Afghanistan Human Rights Center, cette interdiction d’accès à l’éducation a déjà entraîné 70 % des filles vers le mariage forcé. 66 % de celles-ci seraient mineures.
Le nouvel arsenal législatif afghan reconnaît sans ciller l’existence des mariages de mineurs.
Dans le code de 31 articles promulgué le 14 mai, le sujet des contrats de mariage concernant des mineurs est explicitement abordé. "Si un parent autre que le père ou le grand-père conclut un contrat de mariage au nom d’un garçon ou d’une fille mineure avec un conjoint compatible et moyennant une dote coutumière, le contrat est valide", lit-on dans le décret d’ores et déjà promulgué. Cela ne fait donc plus aucun doute : Les enfants peuvent être mariés de force en Afghanistan. Et comme toujours, ce sont les filles qui souffrent en premier de ces lois.
Dans le texte, il est inscrit qu’une jeune femme mariée de force ne pourra plus faire valoir cet état de fait pour divorcer sans l’accord de son époux. Le texte indique également que l’absence ou l’incapacité d’un mari à subvenir aux besoins de sa famille n’est plus un motif légitime de divorce. En clair, les femmes perdent quasiment toute possibilité de quitter leur mari. "Alors que les hommes conservent le droit unilatéral de divorcer, les femmes doivent emprunter des voies judiciaires complexes et restrictives pour se séparer de leur conjoint", a dénoncé la Mission d’assistance de l’ONU dans le pays (MANUA).
Ce nouvel outil législatif permet en effet aux hommes de se séparer facilement de leur épouse dans plusieurs cas définis : la disparition prolongée du mari, l'incompatibilité entre les conjoints ou encore la renonciation à l’Islam.
Les femmes, elles, restent bloquées dans des mariages qu’elles n’ont pas voulus, y compris en cas de violences conjugales.
Les Afghanes vivent dans l’ombre des hommes
La promulgation de ce nouveau code a entraîné quelques manifestations à Kaboul. Cela n’a pas fait plier le gouvernement, au contraire. Dans un communiqué lu à la radio nationale, un porte-parole taliban a lancé : "Nous ne devrions pas prêter attention aux protestations de ceux qui nous sont hostiles, qui ont des problèmes avec l’islam, avec la religion et avec les fondations du système islamique."
Au-delà des lois liées au mariage et à la famille, les femmes afghanes ont vu leurs droits drastiquement disparaître depuis 2021, dénonce Amnesty International. Elles n’ont plus le droit de se déplacer sans chaperon, ce qui rend leur espoir d’une vie professionnelle quasiment nul et leurs libertés extrêmement réduites.
-1 fille sur 5 est mariée avant l'âge de 18 ans aujourd'hui.
-Il nous faudrait 300 ans pour éliminer cette pratique néfaste.
Pour mettre fin aux mariages d’enfants nous devons apporter un soutien indéfectible aux filles et aux familles vulnérables.
UNICEF France
A C T U A L I T É S I N T E R N A T I O N A L E S
ACTUALITÉS INTERNATIONALES • Article #2
FEMMES AFGAHNES
ACCÈS À L'EMPLOI ET À LA FORMATION
(ONU )
Près de 8 jeunes femmes afghanes sur 10 sont privées d’éducation et d’accès à l’emploi et à des formations.
ONU Femmes lance l’Indice de genre 2024 en Afghanistan – la plus vaste étude sur l’autonomisation des femmes et l’égalité de genre depuis l’accession des Talibans au pouvoir. 25 juin 2025
Près de quatre ans après la prise du pouvoir par les Talibans, en août 2021, un nouveau rapport d’ONU Femmes révèle que les femmes afghanes accusent un retard considérable par rapport aux normes mondiales en matière de développement humain. L’Indice de genre en Afghanistan – l’évaluation la plus exhaustive de l’autonomisation des femmes et de l’égalité de genre depuis que les Talibans sont au pouvoir, révèle que l’Afghanistan est le deuxième pays au monde où les disparités en termes d’égalité de genre sont les plus marquées, avec un écart de 76% entre les femmes et les hommes en matière de santé, d’éducation, d’inclusion financière et de prise de décision. Cet Indice montre également qu’en moyenne, les femmes ne réalisent que 17% de leur plein potentiel en termes de choix et d’accès aux opportunités, tandis qu’à l’échelle mondiale, les femmes atteignent un taux moyen de 60,7% dans ces domaines.
« La plus grande ressource de l’Afghanistan, ce sont ses femmes et ses filles », a déclaré la Directrice exécutive d’ONU Femmes, Sima Bahous. « Leur potentiel demeure inexploité, mais elles persévèrent.
Les femmes afghanes se serrent les coudes, dirigent des entreprises, fournissent une aide humanitaire et se dressent contre l’injustice. Leur courage et leur leadership transforment leurs communautés, même face à des restrictions draconiennes. Nous devons les soutenir dans leur quête d’un pays qui reflète leurs droits et les aspirations de toutes les Afghanes. »
Selon le rapport d’ONU Femmes, élaboré avec le soutien financier de l’Union européenne, 78% des jeunes femmes afghanes sont privées d’éducation et n’ont aucun accès à l’emploi et à des formations – un taux près de quatre fois supérieur à celui de leurs homologues masculins. Compte tenu des interdictions désormais imposées aux filles et aux femmes dans l’éducation secondaire et tertiaire – y compris dans les formations médicales –, bientôt plus aucune fille ne sera en mesure d’achever sa scolarité dans le secondaire.
L’Afghanistan continue de présenter l’un des écarts les plus importants au monde entre les femmes et les hommes en matière d’emploi, seulement 24% des femmes font partie de la population active – contre 89% des hommes. Les femmes sont davantage susceptibles de travailler chez elles et d’occuper des emplois moins bien rémunérés et précaires. De plus, les femmes assument une plus grande part des tâches domestiques non rémunérées : 74% des femmes consacrent un temps considérable aux corvées ménagères, contre seulement 3% des hommes.
D’après le nouvel Indice, les disparités financières sont tout aussi flagrantes, sachant que les hommes ont trois fois plus de chances de posséder un compte bancaire ou d’utiliser des services bancaires par téléphonie que les femmes.
Bien que des restrictions générales s’appliquent aux femmes qui travaillent, les exemptions sont limitées, et le rapport indique que les femmes afghanes sont toujours nombreuses à rejoindre la main-d’œuvre, sous l’effet de crises économiques et humanitaires prolongées. Selon le rapport, en 2022, le nombre de femmes au chômage activement à la recherche d’un emploi avait quadruplé depuis la prise de pouvoir par les Talibans, et le nombre de femmes occupant un emploi avait doublé.
Aucune femme n’est en poste au sein du gouvernement de facto ni dans les administrations locales – un recul qui entrave la capacité des femmes à définir les politiques et les lois qui ont un impact sur leur vie. Bien qu’elles aient été pratiquement effacées de la vie publique et politique, les femmes afghanes continuent malgré tout à plaider en faveur d’une gouvernance inclusive et à trouver des moyens de faire part de leurs préoccupations aux autorités, tant au niveau national qu’au niveau infranational.
Cet Indice contribuera à mesurer l’évolution de l’égalité de genre en Afghanistan et orientera le travail des parties prenantes nationales et internationales pour résoudre la crise des droits des femmes dans ce pays. ONU Femmes poursuit son travail sur le terrain pour veiller à ce que les priorités et les besoins des femmes et des filles afghanes demeurent une priorité dans la réponse mondiale et à ce qu’elles soient en mesure de vivre dans la dignité et de contribuer au développement de leur nation.
ACTUALITÉS INTERNATIONALES • Article #1
FEMMES • VIE • LIBERTÉ
(Par Elaine Audet *)
Elles courent au-devant de leur désir
marchent sur le feu sans se brûler
leur vie entière du côté de la vérité
leurs cheveux volant vers l’avenir
Prêtes à mourir d’amour pour la vie
plus aucune peur ne les arrête
et l’air rempli de leurs chants
elles traversent le feu jusqu’à la mer
Jour après jour elles désencombrent
les yeux les têtes les désirs
pour leur peuple et toutes les femmes
comme on désherbe un jardin
Les mots meurent dans le matin immobile
un manteau de silence sur les yeux
pas une feuille ne bouge pas un cri
un trait rouge sang efface toute autre pensée
Combien de temps encore pourront-ils continuer
à tirer sur les enfants les filles et les femmes
comme s’ils n’avaient ni mère ni sœur ni amie
cœur à nu la vie sans voile traverse la marée noire
Cette poussière suspendue dans l’air
dont chaque grain porte la lumière
un point d’ombre léger comme le vide
ou une simple caresse d’éternité
Il arrive toujours un moment
où le paysage révèle ses couleurs
où tout visage dévoile la nécessité
incandescente de son destin
Le courage d’un seul bond du cœur
traverse les bâillons et barreaux
comme la liberté à bout de bras
la vie bue d’un trait dans chaque voix
Cet instant précis où tout bascule
où plus rien n’est négociable
ni les mots ni ton corps ni la joie
où le rêve se jette dans la vie
Tu es allée trop loin dans la mort
dans l’absence et la perte du chant
voilée par des siècles de mépris
pour rater le sens unique de la vie
Veilleuse de jour éveilleuse de nuit
tu surgis aussi entre les mots
sous les mains infinies de l’attente
le frottement fin de la pensé
Les dés en toi sont jetés irréversibles
avec le pari de vivre libre
l’espace respire dans tes poumons
tu es à la proue des miracles
Ta vie entière tient à un fil
et ce fil si fort si fragile
porte le souffle insolent
de la joie et de l’amour fou
Sans répit tu cherches
le trait d’union
ce tremplin vertigineux
vers la liberté
Il appartenait à l’Iran
pays de poésie
de changer le monde
avec trois mots.
Mis en ligne sur Sisyphe, le 18 novembre 2022. http://sisyphe.org/spip.php?article5618
*Élaine Audet a publié, au Québec et en Europe, des recueils de poésie et des essais, et elle a collaboré à plusieurs ouvrages collectifs.
Depuis 2002, elle est l’une des deux éditrices de Sisyphe.
ACTUALITÉS NATIONALES • Article #2
DÉCLARATION DE L'ONU FEMME : AFGHANISTAN
L'assaut contre les droits des femmes en Afghanistan est sans précédent dans le monde aujourd'hui. La dernière annonce des talibans concernant la fermeture des universités pour les femmes, leur interdisant de fait l'enseignement supérieur, est une nouvelle atteinte flagrante à leurs droits fondamentaux. C'est une décision aussi inepte qu’épouvantable. Le droit à l'éducation pour toutes les femmes et les filles doit être rétabli immédiatement.
LE RÔLE CLÉ DES FEMMES
Les femmes ont toujours joué un rôle clé et moteur pour le développement, la paix, la sécurité et la résilience du pays. Face à des défis immenses, les Afghanes ont continué d’aller à l'université. Ces institutions étaient parmi les dernières où elles pouvaient se réunir et poursuivre leur apprentissage. Mettre fin à l'enseignement supérieur des femmes, c'est ignorer leurs contributions historiques et compromettre leur potentiel futur et celui de leur pays.
Comme l'a déclaré le Secrétaire général : le déni d’éducation viole l'égalité des droits des femmes et des filles et aura un impact dévastateur sur l'avenir de l'Afghanistan. Il condamne le pays à de nouvelles difficultés économiques, à la souffrance et à l'isolement international. Sans éducation, une génération de femmes et de filles afghanes ne disposera pas des compétences requises pour contribuer pleinement au développement de leur pays. Sans éducation, leurs voies de participation et de leadership sont encore plus limitées, ce qui les rend vulnérables aux discriminations et aux violences sexistes.
ONU Femmes appelle les autorités de facto à rétablir immédiatement les pleins droits des femmes et des filles, y compris le droit à l'éducation, au travail et à la participation à la vie publique.
La situation actuelle des femmes et des filles en Afghanistan relève de notre responsabilité mondiale. Nous devons continuer à amplifier leurs voix alors qu'elles résistent à l'effacement. Face aux violations systématiques et délibérées de leurs droits par les talibans, nous, en tant que communauté internationale, devons continuer à investir et à défendre nos valeurs de solidarité, en sororité avec nos sœurs afghanes.
Décembre 2022
SELON UNE ÉTUDE DE L'UNICEF
• L’interdiction, pour les filles, d’accéder à l’éducation secondaire s’est traduite par une perte économique de 500 millions de dollars en un an.
• Priver les filles d’un accès à l’enseignement secondaire coûte à l’Afghanistan 2,5 % de son produit intérieur brut (PIB) annuel.
• Si les trois millions de filles actuellement privées d’éducation secondaire étaient en mesure de terminer leurs études et d’intégrer le marché du travail, les filles et les femmes apporteraient une contribution d’au moins 5,4 milliards de dollars à l’économie afghane.
• La malnutrition infantile augmente également. En juin 2021, 30 000 enfants étaient traités pour malnutrition aiguë sévère en Afghanistan ; en juin 2022, ce sont 57 000 enfants qui ont été admis pour bénéficier d’un traitement, soit une augmentation de 90 %.

« Ma mère a entendu parler à la BBC, d’un formidable programme d’ONU-Femmes au Cambodge, qui vient en aide aux femmes ayant fait l’objet de trafic.
Ça a été le déclic. J’ai appelé cette organisation « Qu’est-ce que je peux faire ? Et voilà comment je me suis retrouvée ambassadrice de bonne volonté pour ONU-Femmes, voyageant au Kosovo ou en Haïti, visitant des refuges pour femmes battues aux Etats-Unis. J’ai rencontré des foules de gens, recueilli des confidences et constaté avec effarement ce que vivent les femmes à travers le monde. Il faudrait une prise de conscience mondiale, adopter des lois pour les protéger. Ne pas se taire surtout. Le silence est l’allié des agresseurs ».
Nicole KIDMAN • Actrice • Je ne serais pas arrivée là si…- 30 femmes racontent -•Annick COJEAN Grasset 2018.
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